Les Chroniques de Spawn n°24 est sorti hier en kiosque. J’y vais donc de mon avis, très développé vous verrez. Pas spécialement positif, puisque j’en profite pour passer un bon coup de gueule envers Delcourt, une fois n’est pas coutume. Ben ouais…
Comme d’hab’, ce qui suit est garanti sans spoiler.
A noter qu’exceptionnellement, ce numéro fait 100 pages pour 5.50 €, avec une nouvelle maquette. Ouah, du nouveau se disent ceux qui ne l’ont pas encore acheté. Oui, mais attendez mon coup de gueule, que je leur répond. Avant ça, parlons de...
Spawn #186 et #187 :Après un
#185 aussi vite lu que quand même très fluide et surprenant, voici la suite de la nouvelle direction de la série, qui a eu droit à une promotion d’enfer à l’époque. Ces deux épisodes sont-ils dans la droite lignée ?
Déjà, il y a plus à lire, plus de dialogues. Une meilleure lecture pour autant ? Je ne trouve pas, puisque la plupart sont assez lourds, juste là pour meubler, et pas spécialement riches en infos. Ils sont la partie émergée de l’iceberg, puisque à bien y regarder, c’est le scénario qui est construit de façon roublarde. Car derrière un enchaînement somme toute plutôt dynamique et bien rempli, des éléments connus remis au goût du jour et une flopé de nouveaux protagonistes introduits comme des cheveux sur la soupe, on se retrouve finalement avec de la poudre aux yeux. Les auteurs veulent faire passer un relaunch pas finaud pour de la nouveauté.
Vous me direz que j’y vais un peu fort, qu’il s’agit d’une vision très pessimiste. Peut-être ai-je trop pris de recul. Mais le coup du "Spawn est mort, introduisons un nouveau Spawn de façon mystérieuse en étalant ça sur le plus de pages possible" ne me plaît qu’à moitié du point de vue du fanboy de la première heure !
Que du négatif ? Même si le propos écarte les fans de toujours pour accrocher un nouveau lectorat potentiel, avec un mélange zarbi de structure classique (voir le cliffhanger super-héros mainstream du
#186) et de ton sombre, la lecture garde heureusement un attrait agréable grâce à des mystères qui n’en finissent pas de s’ajouter dans une ambiance de conspiration – l’aspect pseudo réaliste de cette nouvelle direction. Mais trop de mystères tue-t-il le mystère ? J’en ai peur, mais j’attends la suite pour juger…
Côté dessin, Whilce Portacio est égal à lui-même : un artiste au style que j’adore, dont les qualités sont aussi intéressantes que les défauts. Son dessin a une sacrée gueule, il est appliqué, et de plus il fait un travail sur les ombres qui sied parfaitement à la série. Personnnellement, c’est lui qui reste le principal attrait de la revue. Il est encré par McFarlane… et autant McFarlane est le père de
Spawn, autant j’aurais quand même préféré admirer les dessins non encrés de Portacio. En effet, je trouve que McFarlane à la main lourde, avec son encrage grossièrement minimaliste. Enfin, les couleurs : autant le ton colle bien, autant dans l’exécution, c’est, hum, un peu naze. Désolé, Jin Han, je sais que tu t’en ai pris plein la gueule à l’époque sur le forum de spawn.com, mais bon, ça fait un peu amateur…
Le rédactionnel :Interview exclusive de l’éditrice Jennifer Cassidy (4 pages) :
Très bonne démarche en soi… A part que dans la première moitié de l’interview elle ne parle pas de son job, et que dans la seconde moitié – qui donc aurait du susciter de l’intérêt -, eh bien elle ne nous apprend
RIEN. Donc, verdict :
INUTILE !
Présentation de
the Adventures of Spawn (2 pages) :
Le concept de cette déclinaison nécessitait une présentation historique. Ce que fait Jean-François Porcher… euh je veux dire Arthur Clare. Trop court pour le coup, mais il fallait que ça soit fait. Hélas, Delcourt a décidé de mettre les…
Fiches personnages de
the Adventures of Spawn (4 pages) :
Alors que dans la version album VO, les protagonistes avaient juste un ch’tit paragraphe de présentation en deuxième page de couverture, Delcourt a décidé d’en donner plus au lecteur en consacrant une page par personnage. Des textes qui me paraissent – il s’agit seulement de mon avis, hein, et d’ailleurs je souhaiterais connaître celui de mon pote gng à ce sujet – complètement superflus, puisque le texte est suffisamment développé dans la BD pour être compréhensible par ceux qui ne connaissent pas. De nouveau, verdict :
INUTILE !
De plus, cette nouvelle maquette colle à la nouvelle direction de la série mais pas du tout au concept de
the Adventures of Spawn. Et puis surtout, le pire est à venir, puisque…
Si l’on additionne l’interview et ces pages
INUTILES, il s’agit de pur remplissage, qui a servi d’alibi foireux à Delcourt – non mais accrochez-vous à votre fauteuil – pour
NE PAS PUBLIER LES SIX DERNIERES PLANCHES de
the Adventures of Spawn #1 dans ce numéro !
Et paf, un épisode tronqué ! Alors qu’il ne restait que six pages, ratant ainsi le cliffhanger mortel du comic. Une pratique que je trouve honteuse, irrespectueuse à la fois de l’oeuvre traduite et du lecteur. Alors que quand même l’éditeur a pris la bonne décision de publier la version papier - c’est-à-dire le preview + le #1 avec ses planches additionnelles - et qu’il a étendu ce numéro des
Chroniques de Spawn à 100 pages… Bref, comment gâcher une bonne initiative !!!
The Adventures of Spawn #1 (les 32 premières pages sur 38) :
Cf topic dédié à la VO.