Spawn #190 :Jusque-là, malgré son apparence qui a de la gueule grâce aux superbes dessins de Whilce Portacio, l’arc
‘Endgame’ s’est vite avéré être un ’renouveau’ raté. Todd McFarlane sacrifie d’un coup toute la mythologie montée précédemment par David Hine, en virant son héros de toujours pour essayer de proposer autre chose… qu’il veut surprenant mais qui au final est cousu de grosses ficelles. Bref, dans l’ensemble décevant de sa part. Il n’y a pas que du mauvais non plus, puisque outre le choix du dessinateur, qui ne peut que ravir, les épisodes du précédent numéro montraient un léger regain d’intérêt dans ce récit à rallonge.
Tout ça pour en venir au fait : cet épisode est à mon sens sans doute le plus intéressant de l’arc. En effet, les auteurs y apportent une structure solide dans l’agencement des scènes, un croisement ingénieux des divers personnages - premiers rôles ou secondaires, avec une belle surprise, mais chut ! -, et surtout… enfin, quelques révélations. Des réponses, ou du moins des semblants de réponses. Mais comme dans tout bon scénar’ s’y ajoutent encore plus de nouvelles questions. Un peu à la manière de la série télé
Lost, quoi !
Vous verrez, ce #190 a le mérite de relever le niveau de cet arc aux défauts si voyants. Une lecture salvatrice, qui vous donnera le sourire aux lèvres. Inattendu pour ceux qui comme moi regardent cette ‘nouvelle direction’ avec circonspection. Si McFarlane a bien préparé son truc et sait retomber sur ses pattes, la pilule passera mieux. A noter que cet épisode est le dernier co-écrit par Brian Holguin. Ensuite, McFarlane le vire et se débrouille tout seul. Du changement notable ? Oui, à la lecture de l’épisode suivant. Y gagne-t-on ? Hélas…
Spawn #191 :Todd McFarlane est donc désormais seul à la barre scénaristique de sa série. Et la différence de ton est flagrante, aussi surprenant soit-il.
Alors que jusque-là - peut-être mise à part le
#185 -
‘Endgame’ se caractérisait par une atmosphère lente et oppressante, McFarlane change la donne dans cet épisode. Et ce dès la première page, et dans la majorité des 22 pages. C’est plus brut de décoffrage - plus années 90, même, je dirais. Ca s’énerve à outrance, ça gueule, ça mutile sauvagement, ça souffre… Souvent sans raison apparente et logique, du moins de cette ampleur. A la limite, ça pourrait passer vu le contexte du récit, mais ça va beaucoup trop loin : de calme et songeur jusque-là, Jim Downing pète carrément les plombs. Bref, la cassure est nette. Rendant le récit plus bête que ce qu’il n’est. Est-ce l’influence du symbiote nécroplasmique ? Ou est-ce mister McFarlane en roue libre ? Chacun se forgera son avis…
En parlant de Todd McFarlane, je vais y aller de mon coup de gueule. Oui, il faut bien qu’il y en ait un. Et j’ai déjà causé de ce point auparavant. Je veux parler de son soi-disant ‘encrage’.
D’une, McFarlane depuis un certain temps a laissé tomber la plume et l’encre et s’est tourné vers l’outil informatique, afin de gagner du temps. Mais sur les planches, on peine à retrouver son style d’encrage si emblématique.
De deux, ce qu’il fait je n’appelle pas ça de l’encrage. Déjà, il ne s’occupe pas de tout le dessin. La plupart du temps il laisse le crayonné de Whilce Portacio. Ce qui n’est pas un mal : perso je préfèrerais que les planches de Portacio ne soit pas touchées. Mais ce que fait McFarlane ici, c’est mettre un peu de son style dans quelques endroits, et modifier le travail de son dessinateur.
Bref, et d’une je n’aime pas son noircissement brouillon, et de deux prendre le crédit d’‘encreur’ est quelque part faux !
Spawn: Book of the Dead, 2ième partie :
Lecture aussi bonne et fluide en VF qu’en VO :
http://vinc259.forumactif.com/toute-l-actualite-de-spawn-f1/spawn-book-of-the-dead-t669.htm?sid=2ed5387d2afb94ab4e813f17eb9c77c9 Haunt Preview :Delcourt a fait fort niveau délai sur ce coup-ci, puisque le truc n’est dispo aux States que depuis un mois. Qu’y a-t-il à se mettre sous la dent dans ces 20 pages ? Biographie des auteurs, pitch, quelques planches étape par étape (mise en page de Greg Capullo, dessin de Ryan Ottley, encrage de Todd McFarlane), croquis préparatoires et work-in-progress de la couv’ du #1.
Bref, c’est bien foutu et bien rempli, ça vaut le coup. J’avoue adorer le concept du costume. Le pitch : j’espère que ça tiendra sur la longueur. Même critique sur l’‘encrage’ de McFarlane, mais bon je ne vais pas en remettre une tartine, hein, vous avez compris.
Et Delcourt d’annoncer dans le prochain numéro la programmation de…
Haunt #1 ! Sa sortie étant prévue le 7 octobre aux Etats-Unis, il faudrait pour le coup que TMP ne fasse pas preuve de ses habituels retards, et que l’éditeur français ne perde pas de temps, pour y arriver ! Trop optimiste, Delcourt ? Peut-être. Mais s’ils tiennent parole, c’est que des deux côtés de l’Atlantique ils se sont arrachés : rendez-vous dans deux mois pour le savoir…
En conclusion, malgré un second épisode spawnien en demi-teinte, ce
n°27 des
Chroniques de Spawn est un fort bon numéro dans son ensemble !