Mon avis sur
Les Chroniques de Spawn n°27,
garanti sans spoilers !
Spawn #192 :Le dessin de Whilce Portacio claque toujours autant, c’est encore une fois un vrai plaisir de retrouver son style inimitable dans ces pages. On le sent appliqué, ses personnages ont une stature solide et détaillée, et il sait travailler ses ombres pour correspondre à l’atmosphère de la série.
Mais un comics, ce n’est pas que du dessin, c’est avant tout un scénario. Et je le dis tout de suite, depuis que Brian Holguin n’y participe plus, on n’y a pas gagné : Todd McFarlane me déçoit sur plusieurs points. D’abord sur la lenteur du rythme, certes déjà présente depuis le
#185, mais beaucoup plus visible - le papa de
Spawn étire en longueur pour faire durer, ça se voit. Cela traduit-il un manque d’inspiration ou de vision à long terme ? On verra dans les mois à venir.
D’autre part, on ne peut pas dire qu’il fasse avancer le schmilblick des masses… L’introduction d’une ‘race’ de personnages que l’on n’avait pas vu depuis pas mal de temps est certes bien sympa (à ce sujet, sautez le résumé avant l’épisode, qui spoile celui-ci), mais la deuxième moitié de l’épisode ne fait rien avancer du tout.
Spawn #193 :Le fameux épisode dessiné par Greg Capullo, que les lecteurs de la première heure attendaient avec impatience ! Et l’on ne peut que se réjouir de voir que le bonhomme n’a pas perdu ses qualités qu’y ont fait le succès de la série durant de longues années. Sa narration et mise en page sont toujours aussi dynamiques et élégants. Ses angles de vue de ses cases sont plus intéressants que jamais. C’est aussi bien fun de le voir redessiner des persos tels que Sam & Twitch et le Clown, dans des scènes mélangeant tension et humour, comme au bon vieux temps. D’ailleurs on est gâtés puisqu’il y a pas mal de personnages connus du spawnverse dans cet épisode.
Bref, un court passage furtif de 22 pages, mais l’artiste réussi à prouver qu’il est toujours au top ! C’est revigorant comme il faut, le constat est qu’il nous manque bicoup.
Une pure tuerie alors ce
#193 ? Au niveau du dessin de Gapullo, oui, par contre le reste… McFarlane poursuit sur sa lancée et la majorité de cet épisode est tout de même bien creux. Reste heureusement quelques dialogues qui ont leur intérêt, au tout début et surtout à la toute fin, dévoilant plus clairement le plan du Clown/Violator.
Ce n’est pas non plus trop ça, et pour le coup pas du tout, du côté de l’encrage. McFarlane a certainement dû être pressé par le temps, parce que c’est bâclé de chez bâclé. Sur les ombres, pas sur les détails caractéristiques du sieur. C’est déjà ça. Enfin, le parti pris des couleurs actuel - dont l’ambiance s’est d’ailleurs nettement éclaircie au changement de coloriste - ne met jamais en valeur le talent de Capullo. Pas cool.
Spawn: Book of the Dead, 3ième partie :
Je connais déjà puisque j’ai le beau livre VO. Il n’empêche que finalement Delcourt a eu une bonne idée en le proposant fragmenté en plusieurs parties au sommaire du magazine. Un petit bout tous les deux mois, ça évite la lourdeur. Mais je suis sûr que tout le monde ne lit pas ces pages. Dommage pour eux, puisque c’est (presque) toute l’histoire de Spawn (spin-offs compris) brillamment racontée.
Haunt #1 :L’autre gros évènement de ce
n°27, c’est bien sûr la publication, même pas un mois après sa sortie ricaine, du premier épisode du creator owned de Robert Kirkman & Todd McFarlane. Tient-il ses promesses ? Oui !
24 pages à la tenure des plus pros. Un scénario réfléchi et bien troussé, révélant un pitch des plus prometteurs pour la suite, puisque mettant en place déjà un certain nombre d’éléments. Vous retrouverez pas mal de choses : espionnage, expérimentation, fantastique… Les personnages sont très bien caractérisés, ainsi que leur relation, un tour de force qui démontre que la gestation de la série s’est faite avec sérieux. L’épisode en lui-même est une belle réussite, et ça n’augure que du bon également pour la suite.
Côté artistique, rien à redire non plus. 3 artistes de renom sur la planche, et l’on y capte les styles de chacun ! Le résultat peut parfois surprendre - Ottley ayant un style bien différent de Capullo et McFarlane - mais ça passe ! Les gars ont réussi leur coup. Il ne nous reste plus qu’à espérer que tous les épisodes suivants seront du même acabit…
Les articles :Ce numéro contient également un article de 4 pages, biographie de Todd McFarlane. Ca ne fait pas de mal, c’est plutôt bien écrit, même si j’aurais aimé certains points plus développés. Le petit mot de lancement de
Haunt par Kirkman permet de resituer les talents en action et le contexte de la sortie de ce titre. Les infos de fin, comme tous les deux mois, ne sont pas vraiment des nouveautés si vous suivez l’actualité comics sur la toile, mais permettent de remettre certaine choses en tête… et de patienter jusqu’à la VF de
Image United, oh yeah !
En résumé :Les Chroniques de Spawn n°27 a un sommaire du tonnerre, faisant de lui un incontournable. Eclectique sur tous les fronts, il réjouira les plus pessimistes. Car si côté série
Spawn, McFarlane déçoit comme jamais, les talents de Portacio et Capullo éclatent au grand jour. Le moyen de diffusion de
Book of the Dead est finalement bien vu. Et
Haunt #1 est une réussite surprise qui fait grave plaisir et que l’on espère durable !